lundi 26 avril 2010

Génération sacrifiée ? Non. Génération allumée !

La semaine dernière, l'émission de Benoît Duquesne, Complément d'enquête, consacrait un de ces documentaires à la génération sacrifiée. Ça m'a donné envie de crier.

Ce n'est pas la première fois que l'on use de ce terme pour parler des enfants des baby-boomers (par exemple moi) et faire le constat que le monde est plus dur pour nous. Ah Bon! et avec la crise, ça ne s'est pas arrangé, évidemment.

Les sociologues s'en sont donnés à coeur joie ses dernières années, comme ici et ici. La génération sacrifiée est devenue un concept. Nous sommes devenus un concept.

Trop diplômée, trop peu expérimentée, trop déprimée, trop désillusionnée, la génération sacrifiée?

La génération sacrifiée comprendrait-elle aussi les jeunes de banlieues, ceux qu'on oublie plus facilement que les autres lorsqu'il y a quelqu'un à plaindre mais que l'on montre du doigt quand il y a quelqu'un à dénoncer?

Cette génération sacrifiée si diversifiée, que l'on retrouve dans les villes, les banlieues, les campagnes, de tout niveau social et de toute origine, diplômée ou pas et qui malgré tout ce qu'on dit sur elle, a de l'espoir.

Je n'aime pas me sentir victimisée par le système.

Le monde change et je ne vais pas passer ma vie à fantasmer sur la vingtaine de mes parents. Pas de nostalgie.

Le monde change et nous, nous l'acceptons par contre ceux qui nous nomment ont du mal à l'accepter.

Je ne suis pas nostalgique des 30 glorieuses, de ce capitalisme débridé qui nous montre aujourd'hui ses limites.

Oui c'est dur, oui il faut se battre mais face à qui? A nous mêmes et nous ne sommes pas encore à terre.

Sacrifiée? je n'ai pas l'impression de me sentir sacrifiée, même si comme tout le monde je connais mon lot de galères. Sacrifiée pour qui? pour quoi? Ce discours m'exaspère. Il nuit à notre volonté de changement, de faire évoluer les choses, nous sommes conscients avant d'être sacrifiés.

Au sein de ce discours victimisant, on a l'impression que nous n'avons plus rien à inventer, plus rien à apporter. Le monde a atteint son apogée, à présent nous sommes dans le déclin. Nous sommes sacrifiés sur l'autel de la cupidité triomphante, du matérialisme et de la course effrénée au profit, à la réussite.

Quitte à paraître déconnectée, je suis navrée de le dire mais, en rien, ce monde là à le pouvoir de me sacrifier.

J'ai l'impression de vivre, avant tout, une métamorphose du monde et d'être au première loge m'inspire plus que ne me sacrifie.

Par contre cette métamorphose qui bouscule tous les acquis de la société de nos parents, sollicite avant tout en eux, la Peur, l'Angoisse. Et ce négativisme se transmet et se tranpose évidemment. A force de nous marteler que nous sommes définitivement perdus, beaucoup d'entre nous doutent et finissent par y croire.

Quant à moi, cette métamorphose m'inspire, m'allume. alors au lieu de parler de génération sacrifiée, j'aimerai mieux parler de génération allumée. Une génération qui se remet en cause, qui se bat pour trouver du travail, pour avancer. Ce combat nous pousse à innover, à inventer, à créer, à repousser les limites d'un monde aseptisé. En tout cas, j'ose y croire.

Ma transition est toute faite pour parler à présent d'un groupe d'artistes qui se retrouvent sous l'insoupçonnable appellation: Supercagouille. Un bel exemple de génération allumée.

1 commentaire:

Javier a dit…

Fort,percutant,sincère,très bien réussi.