jeudi 26 novembre 2015

A nos chers disparus. Hommage aux victimes des attentats de Paris #enmémoire

A vous, nos chers disparus, je n’ai pas croisé vos regards, mais mon cœur est abattu. Je vous écris cette lettre pour que vos destins brisés ne soient pas aussi vite oubliés.

Je vous écris cette lettre pour vous dire que nous devons nous engager envers vous. Pour que de cette horreur, naissent les conditions d’un changement. Du plus jamais ça. Pour que face à l’inacceptable, nous ayons la force de construire un barrage contre la haine. Qu’elle ne s’infuse pas plus profondément dans le coeur de notre jeunesse.
Je vous écrit cette lettre comme un cri du coeur pour vous dire que non, nous ne pouvons pas accepter que vous soyez partis pour rien. Il en est de notre responsabilité, à tous. Comprendre non pas pour accepter mais pour avancer. Regarder en face ce qui nous a conduit à ça, pour panser cette fracture qui a grandi chaque jour, à tel point, d’en faire de vous les victimes innocentes.
Je vous écris cette lettre non pas pour en faire une fenêtre de récupération politique. Je n’ai pas d’étiquette. Mais pour regarder en face cette fracture. L’impossible intégration, la désillusion, la démission d’une partie de l’éducation, que soit celle des parents ou de l’école au profit de la télévision, d’internet à qui on a inconsciemment confié une partie de l’esprit de notre jeunesse.
La disparition du sens de nos valeurs : la liberté, l’égalité, la fraternité. La liberté est devenue celle de tout accepter. L’égalité celle d’aspirer à la richesse et à la célébrité, celle qu’on nous balance à longueur de journée, comme la seule aspiration d’une vie, le seul but à atteindre mais dont une infime partie de la population s’en réserve l’accès. La fraternité, quant à elle, s’incarne aujourd’hui dans le nombre d’amis sur Facebook.
Face à la dissolution de ces valeurs dont on se gargarise sans s’en rendre compte, on laisse de côté une partie de notre jeunesse. La réussite sociale n’est que le luxe d’une minorité lorsque la majorité regarde de l’autre côté du mur tout ce à quoi elle n’aura jamais accès.
De cette vie rêvée, fantasmée, où règne la fête, le sexe, l’argent, émerge une puissante frustration, terreau fertile de la haine. La haine facilite l’acceptation de sa situation en trouvant des coupables. La haine permet la victimisation et donc la non remise en question. La haine offre un écho au fanatisme. La haine est le carburant du terrorisme. La haine s’est insérée, à prospérer plus gangrener des couches de la population où des âmes fragiles, errent, en marge de ce monde qui ne veut pas d’eux.
Je ne cherche pas à excuser mais je me sens responsable de cette jeunesse perdue, celle qui est tombée sous les balles et celles qui a donné son âme au désespoir, à l’absurdité, à la violence.
Je vous écris cette lettre parce que vos vies ainsi arrachées ont créé un séisme, tant dans notre société, que dans nos esprits. Un bouleversement si puissant que je ne peux aujourd’hui me résoudre au silence.
Ce ne sont, de toute évidence, pas les seules raisons de ce qui est advenu, la complexité de ce monde m’échappe. Les enjeux économiques et politiques ne sont pas tous à ma portée.
Cette lettre n’a aucune prétention. Elle permet juste d’exprimer qu’on ne pourra jamais oublier.
A nos chers disparus, à leurs proches, à la jeunesse perdue.

mardi 28 juillet 2015

Google Maps marche dans vos pas

Google Maps pallie aux carences de notre mémoire et nous permet de revivre nos itinérances passées.

Big Data + Big brother
Personne n’est dupe. Nous le savions déjà, Google enregistre nos déplacements grâce à nos mobiles.
Pour que ces données servent à ressusciter nos moments de vie passés, Google Maps se dote d’une timeline appelé  “Votre chronologie”.
Google vous dit où vous étiez, quand, comment : à pied, à vélo, en voiture, en transport avec un détail de chaque étape de votre parcours.
Cette fonctionnalité existait déjà dans la version précédente de Maps, mais elle est désormais beaucoup plus exploitable et sexy.
Pour y avoir accès vous devez activer la fonctionnalité de partage de votre position.
Pour ceux que cette nouvelle inquiéterait, les données sont privées et vous pouvez effacer votre historique quand vous le souhaitez.




Retour vers votre passé...imagé.

Et si de surcroît vous êtes utilisateur de Google photos, alors vous aurez le loisir de rédecouvrir vos itinéraires cadencés des clichés pris au moment des faits.

Déconcertant ? Sans doute. L’utilité de cette fonctionnalité dépend du sens que chaque utilisateur lui conférera.

Elle pourra sans doute  nous aider à retrouver le nom de ce fameux restaurant où nous sommes passés l’été dernier et que l’on voudrait recommander à nos amis. Où encore se souvenir où nous étions lorsque nous avons égaré nos clefs…

Quoiqu'il en soit la précision des données ainsi révélées témoigne d’un monde de possibilités qui n’aura de cesse de nous surprendre.

Repensons le marketing, ouvrons de nouvelles dimensions !

Nous assistons depuis un peu plus d’un an à l’avénement d’une nouvelle forme de marketing.
Un marketing multidimensionnel qui doit désormais prendre en compte l’engagement du consommateur, la multiplicité des points de contact avec ce dernier et la quête de sens qui bouscule notre société.




Le nouvel enjeu pour les marques repose alors sur leur capacité à inverser le schéma prédominant jusqu’à aujourd’hui et qui induisait la notion de fidélité du client à la marque. Vous l’aurez compris, ce n’est plus le client de manière unidirectionnelle qui se doit d’être fidèle mais bien la marque qui doit agir pour co-construire cette fidélité. D’autant plus que le consommateur a atteint un niveau d’exigence tel que son attachement à la marque devient de plus en plus friable.

Co-créer pour mieux fidéliser


Désormais le consommateur peut comparer les marques entre elles avant d’acheter, il peut se faire un avis en consultant les recommandations des autres consommateurs. Son acte d’achat n’est plus dépendant du discours de la marque mais bien de son libre arbitre.
Les marques doivent ainsi composer avec ces nouveaux comportements et finalement revoir leur manière d’opérer :  

  • Apprendre à écouter ses clients pour leur apporter des réponses personnalisées et centrées sur leurs besoins.
Cela passe bien évidemment par la collecte et l’analyse des données que générent aujourd’hui nos comportements sur le web. Une aubaine pour les entreprises qui disposent d’une mine d’informations susceptibles de les aider à mieux percevoir et comprendre leurs clients et donc à leur apporter des produits ou services qui ont du sens. L’enjeu reste encore de se structurer pour traiter cette multitude de données.

  • Proposer des contenus consommables sans interruption quelque soit le support (site, mobile, tablette). Il s’agit bien ici d’adapter sa présence aux différents terminaux pour qu’elle soit la plus lisible possible pour le consommateur (Responsive design).
Sans oublier d’harmoniser son discours dans une optique de stratégie omnicanale où le consommateur découpe son acte d’achat : il commande sur internet et retire son produit en magasin.  La dualité, qui prédominait entre le réel et le web, est dorénavant floutée. Les moyens technologiques sont des ponts qui permettent de passer de l’un à l’autre avec une facilité déconcertante.

Donner du sens

Le dernier point et pas des moindres est de donner du sens à ses produits pour être en phase avec un mode de consommation plus responsable. Engager sa clientèle passe par son propre engagement qu’il soit sociétal, écologique, philosophique…

Cet engagement n’a de sens qu’au travers des actes qu’ils suscitent. Cela passe, par exemple, des campagnes citoyennes. Une campagne qui travaille pour l’intérêt général, qui porte des valeurs, une cause qui touche tout le monde et provoque un changement de comportement. Pour illustrer ce propos, nous avons retenu pour vous un exemple de campagne dotée d’une caution citoyenne.

La campagne lancée par Intermarché pour la consommation des fruits et légumes moches :


mardi 21 avril 2015

Amour et Architecture...

Le palais de verre de Simon Mawer





Conçu comme une fresque qui se déroule sur six décennies d’histoire européenne, le livre met en scène la naissance d’un couple à la fin des années 20 en Tchécoslovaquie. Liesel tombe amoureuse de Viktor Landauer, héritier d'une riche famille juive. Les deux jeunes gens, qui fréquentent la haute société des années folles, rêvent d'une maison moderne. Ils vont rencontrer alors celui qui sera capable de réaliser leur rêve, Rainer von Abt, un architecte adepte de Loos, de Mondrian, de Le Corbusier. 

Il va imaginer pour eux le palais de verre, une maison toute en transparence et en lumière, porteuse de rêves, d’espoir, de liberté et de démocratie.. 

Au-delà de l’architecture il s’agit d’un pied de nez lancé à l’encontre de la période ténébreuse qui se dessine devant eux et à laquelle ils vont devoir faire face. 

Entre leur histoire et l’Histoire qui défilent devant vos yeux, vous découvrirez un grand roman sur l’amour et une réflexion sur la vie lorsqu’elle est prisionnère du chaos

Jeu de perception et compassion

Pourquoi tu ne manges pas de viande ? Tu ne penses pas que la carotte souffre aussi ? C'est pour mettre fin à cette vue erronée que nous avons du monde animal que le livre de Matthieu Ricard vaut, selon moi, la peine d'être lu.



Non, les animaux ne sont pas des objets même si de très grands philosophes dont Kant ont contribué à créer l'image que nous avons d'eux aujourd'hui : des êtres inférieures dénués de sensibilité. Ignorer la souffrance permet de fermer les yeux face à la cruauté.

Mathieu Ricard nous explique pourquoi la plupart d'entre nous, nous ne pouvons pas faire le lien entre le steak appétissant dans notre assiette et la souffrance de l'animal qu'il a généré. Sans nous culpabiliser, ni nous donner des leçons, il pointe du doigt un système qui semble aujourd'hui avoir atteint bien plus que ses limites tant pour le respect des animaux que pour celui de la vie en général, sous toutes ses formes et au travers de toutes ses richesses. 

Comprendre que la comparaison par l'inégalité entre l'homme et l'animal n'est peut être pas la meilleure des vues mais plutôt comprendre que les hommes et les animaux sont différents et que cette différence crée la complémentarité replace les choses dans un cadre plus équilibré. 

Ce changement de positionnement nous permet donc de ne plus supporter le "zoocide" qui se produit depuis des années tant dans les abattoirs que dans les parcs animaliers ou les laboratoires. 

Il nous permet aussi de comprendre que l'inégalité se situe aussi au niveau des consommateurs, puisque une toute petite partie de la population peut prétendre à consommer de la viande. Ainsi manger de la viande engendre forcément de la souffrance et ceux pour qui cet argument n'est pas recevable, il faudrait ajouter que manger de la viande affame le monde.


mardi 27 janvier 2015

Songe d'hiver


J'aimerai tant que les mots soient des pansements pour soulager ce tourment foudroyant qui fige nos pensées dans le temps.

Ce temps assassin dans l'instant apaisera doucement le chagrin de ce moment.






Et l'éternité prendra place, en silence.

Et la paix reviendra dans nos cœurs qui pleurent l'absence.




lundi 8 décembre 2014

Portes closes aux Maisons closes

De ces femmes qui attendent dans la rue, je ne connais rien. Hormis ce qu’elles y font.
De ces femmes que je croise dans la rue, je ne connais rien. Pas même ce qu’elles font.


La différence réside dans la perception.




Celles qui attendent, travaillent. Celles que je croise, ne font que passer.


Celles qui attendent, interrogent. Celles que je croise ne font que passer.


Celles qui attendent, attisent. Celles que je croise ne font que passer.


Celles qui attendent, dégoûtent. Celles que je croise ne font que passer.


Celles qui attendent, se font payer. Celles que je croise ne font que passer.


Celles qui attendent, vendent. Celles que je croise ne font que passer.


Celles qui attendent, choisissent. Celles que je croise ne font que passer.


Celles qui attendent, subissent. Celles que je croise ne font que passer.


Celles qui attendent, énervent. Celles que je croise ne font que passer.


Celles qui attendent, sont injuriées. Celles que je croise ne font que passer.


Celles qui attendent, sont méprisées. Celles que je croise ne font que passer.


Celles qui attendent, sont adulées. Celles que je croise ne font que passer.


Celles qui attendent, sont en danger. Celles que je croise ne font que passer.


Quelles différences entre celles qui attendent et celles que je croise. Des êtres à la dérive et d’autres à quai.


La dérive n’est pas qu’une question de volonté, un amarrage solide est nécessaire.
Sans cordage le bâteau part à la dérive.
Mais si on l’arrime. Il reste à quai. Il n’attend pas. Il a sa place.


Ces femmes qui attendent, qu’on pense à la dérive, ont-elles une place ?
Au lieu de pénaliser leur client, ne peut-on pas leur proposer un lieu deçent.


Une place. Un lieu. Une maison. Au lieu de leur donner la rue.


La rue, comme une punition à être ce que l’on trouve abjecte.
Un lieu, comme une position, la reconnaissance d’une “profession”


La rue, les regards aux abois, les phrases déplacées, les mots acérés, la violence suscitée, l’envie réprimée, le dégoût exprimé, les sollicitations déclinées, les accords acceptés. Une voiture, un parking. Une passe. Une autre. La curiosité de cet instant où se joue le pacte.


J’ai regardé ces femmes, je les ai observé. Je suis entrée dans cette strate où les mots n’existent pas. Juste des actes froids et vite expédiés. Des jouissances avortées sous des réverbères allumés.
Des silhouettes qui s’agissent, de la buées sur les vitres.
Une porte qui claque.
L’attente de nouveau.


Pourquoi encore aujourd’hui la rue est la seule place qu’on accorde à celles qui attendent.
L’alternative : Pénaliser pour créer un marché parallèle encore plus avilissant ?


Le droit des lois n’est pas toujours celui qui en donne le plus.
Accepter. Réglementer. Héberger ont plus de sens que repousser.
Le marché est là. Lui donner un lieu n’est pas le démulplier mais protéger.
C’est de vies dont on parle ici.


Le désir existera toujours. Les filles qui attendent aussi. Rien n’y changera. Ce qui changera c’est le statut qu’on donnera à ces filles là.


Des filles qui n’attendront plus.
Des filles qu’on croisera.


Faut-il cautionner pour protéger ?


En 2014 ,à Lyon, en France, les maisons closes restent portes closes.